Confidences

Stage de l’enfant intérieur

Je pars à Strasbourg pour un stage de « danse thérapie à la rencontre de son enfant intérieur » organisé par Marie-Odile (voir le lien), une praticienne en psychothérapie corporelle de l’IFCC (voir le lien) dont je vais commencer la formation en octobre prochain.

Ce stage fut d’une grande richesse.

D’abord, mon plus vieux souvenir par rapport à la danse remonte à un spectacle de fin d’année en maternelle dans lequel je me suis senti mal au point de provoquer un puissant complexe par rapport à la danse ; à tel point, que toute ma vie, j’ai fuis les ambiances festives de peur de devoir danser. Peut-être que beaucoup d’hommes sont dans ce cas. Dans ce stage, je me suis souvent laissé aller à danser et j’ai découvert que je pouvais même m’éclater. 

 J’ai constaté que c’était plus facile de danser dans ma bulle que d’aller à la rencontre de l’autre. Pourtant, là encore, je me suis un peu déniaisé en découvrant que je pouvais faire danser une femme, chose qui me paraissait inconcevable avant. C’était sur Savoir aimer, de Florent Pagny.

Et puis, en terme d’ouverture à l’autre, un signe très significatif est apparu. D’habitude, en stage, je retiens un ou deux prénoms. Là, j’ai retenu le prénom de 12 personnes sur 15.

La première chose un peu extraordinaire, ou en tout cas vécu avec une intensité émotionnelle assez forte, est une histoire de hérisson. Pour faire ce stage sur l’enfant intérieur, nous devions amener une photo de nous enfant. J’ai complètement zappé cette information : même en y réfléchissant, cela ne me rappelle rien. Déjà cela, c’est assez significatif. De là en conclure que sur le plan symbolique, je n’ai pas eu d’enfance, il n’y a qu’un pas. J’arrive donc au stage sans cette photo et Marie-Odile m’invite à me promener dans la nature pour trouver un objet symbolique pour me représenter. Je pense à un petit dalmatien dont justement la chaîne s’est détachée du porte-clefs. Incapable de remettre la main dessus, je suis très agacé. La journée se termine et je n’ai aucune envie d’aller en forêt. Je dois retrouver mon ami Jean-Pierre, aller au restaurant, prendre l’apéro et patati patata. Je n’ai pas du tout la tête à chercher cet objet et je sens monter en moi une tension intérieure de plus en plus forte. Après le restaurant, nous nous baladons un peu en ville et tout à coup je ramasse par dépit un petit caillou. Je dors très mal cette nuit là et je me répète que je vais avoir l’air malin avec mon petit caillou. Le lendemain, à l’occasion d’une danse les yeux bandés, Marie-Odile nous invite à retrouver notre nature animale. J’ai une vague vision d’une lionne sur la droite mais je reste sceptique et perplexe me demandant comment laisser bouger le corps façon félin. L’exercice se termine et nous sommes alors invités à regarder notre photo d’enfant, pendant quelques minutes, en silence, en laissant monter les sensations, les impressions… Tout à coup, au bout de quelques minutes, je sursaute. Tiens, ce petit caillou ressemble à un petit hérisson.

HERISSON

Alors, s’enchaîne très rapidement quelques associations d’idées. Un hérisson, ça a des piquants. Tiens, comme la représentation du virus du sida. Tiens comme par trois fois, j’ai eu les sensations extrêmement douloureuses d’avoir le corps transpercé par une multitude d’aiguilles de feu quand j’ai par trois fois essayé d’arrêter le traitement. Dans le chamanisme, chaque animal est un totem et a quelque chose à nous enseigner. J’ai demandé aux piquants de se retourner. Au lieu d’être dirigés les pointes vers l’intérieur qu’ils les orientent vers l’extérieur. Alors, aussitôt une sensation agréable est venue. Le moment venu, je chercherai sur le net les vertus du hérisson dans le chamanisme. 

Une autre expérience fut très forte quand Marie-Odile nous invita a danser notre prénom. J’ai visualisé les lettres de « pascal » et je les ai dansées comme si je voulais les écrire avec mon corps. Une fois, cinq fois, dix fois, vingt fois et je me suis amusé à remarquer que la jambe du « p » semblait s’enraciner dans la terre alors que le « l » final semblait s’élever très haut dans le ciel avant de redescendre. Harmonie ciel-terre. Et puis, tout à coup, je me suis dit que je dansais les lettres sur un plan horizontal à deux dimensions alors que les lettres avaient un volume.

LETTRES

Instantanément, j’ai eu une vision des lettres dans leur profondeur et je me suis mis à danser les lettres en spirale. Alors ce fut si fort que j’ai poussé un « wah » et que je me suis retrouvé accroupi comme écrasé par une puissante énergie. Ça alors !  Du coup, cela m’a donné envie de danser le mantra de mère, de danser mon deuxième prénom, de danser certains mots dont je voudrais intégrer la force, la qualité. Assurément, ce sont des expériences à faire, ne serait-ce que pour s’amuser.

Une autre expérience intérieure m’a traversé, quoiqu’elle soit plus diffuse, plus fugace. Une ouverture dans la conscience profonde, quelque chose se passe clairement, puis l’ouverture se referme. A nouveau nous étions invités à retrouver notre nature animale dans une sorte de transe conscience. Rien de très concluant se passe et puis tout à coup, j’ai l’impression d’être en connexion avec le cerveau reptilien. Alors, deux souvenirs arrivent simultanément à la mémoire. Le mois précédent j’étais venu à l’école pour un séminaire d’une journée sur les croyances en psychothérapie et une femme a témoigné que, lorsque nous étions en contact avec notre nature animale, nous pouvions changer quelque chose. Il m’est impossible d’expliquer par un texte écrit ce qu’elle voulait dire par « changer quelque chose ». Mais sur le moment, à l’instant où elle le disait, avec le ton qu’elle a employé, j’ai su que c’était une information importante. Et puis, pendant ce stage sur l’enfant intérieur, Marie-Odile a dit que le cerveau reptilien était très lié à l’immunité. Là encore, j’ai retenu cette information comme très précieuse. Donc, je dansais à la recherche de cette nature animale quand tout à coup je me suis senti en lien avec le cerveau reptilien. Alors une phrase est venue dans ma tête, je lui ai dit : « au lieu de me détruire… défend moi ou choisis la vie ». Alors, là encore, j’ai senti que quelque chose, (une énergie ?) se retournait. Une volte face. Alors j’ai senti que quelque chose allait se passer au niveau de la peau. En fait, depuis quelques années, lorsque je me mets au soleil, même avec de l’écran total, au bout de quelques heures, j’ai des plaques de petits boutons rouges et ensuite, des démangeaisons. Le stage se termine, je rentre à Besançon, je descends à Nîmes voir Francis, un vieil ami qui habite en Inde et qui est de passage en France pour quelques jours encore. Or, je décide de l’emmener à la plage de l’Espiguette à côté du Grau du roi car c’est une plage naturiste. Ce fut un moment si agréable que nous y retournons le lendemain. Et bien, après deux après-midi tout nu au soleil, aucun bouton rouge n’est venu et aucune démangeaison. S’il y a quelque chose dans ce stage qui remplit mon cœur de gratitude, c’est bien cela. J’ai beaucoup souffert de cette situation. Peut-être que la guérison sur ce point n’est pas tout à fait terminée. Il me semble rester quelque part dans l’être quelque chose qui n’est pas achevé. J’aimerais la confirmer, l’amplifier.

A un autre moment nous avons été invités à danser la souffrance de notre enfant intérieur en laissant le corps parler, les sons sortir. Je me suis retrouvé souvent la poitrine grande ouverte vers le ciel et j’ai laissé sortir la douleur. Ce n’était pas des larmes de chagrin, je ne suis pas certain d’avoir pleuré dans le bandeau sur les yeux, c’était plus fort que le chagrin, c’était de la douleur, de la douleur à l’état pur, une douleur psychique. Pendant une dizaine de minutes, c’est long dix minutes, j’ai laissé sortir des sortes de cris de douleurs. Le lendemain, libéré de cette douleur, il y avait de la place pour autre chose et à l’occasion de la danse de l’enfant spirituel, j’ai ressenti beaucoup de joie, de paix, de sérénité.

Et ce n’est pas finit, de nombreuses autres expériences encore sont venues.

Se prendre par la main avec l’idée de l’adulte qui prend la main de l’enfant intérieur m’a d’abord surpris en constatant qu’il se passait quelque chose, et ensuite, cela m’a beaucoup ému.

MAIN DANS LA MAIN

A trois reprises, il nous a été demandé d’écrire une lettre à notre enfant intérieur avec notre main directrice et de laisser venir la réponse de l’enfant par un dessin effectué de l’autre main, sans regarder. Puis de laisser venir le premier mot qui nous venait à l’esprit en découvrant le dessin. Ma première lettre était toute une tartine. La deuxième déjà beaucoup plus centrée sur l’essentiel, se résumait à deux questions : « qu’est-ce que je peux faire pour toi ? Qu’est-ce que tu veux ? » La troisième ne contenait qu’un seul mot : « accueillir » et sa réponse, un dessin qui m’a aussitôt fait penser à une oreille et le mot « écouter » est venu. Il veut être écouté. Mon enfant intérieur veut être écouté. Il veut que j’écoute. C’est déjà énorme de le savoir. D’ailleurs, je me souviens maintenant que lors d’un exercice précédent, une expression était apparue : « les 3 oreilles ». Cela fait évidemment référence à nos deux oreilles et à l’oreille du cœur. Les 3 oreilles, j’ai pensé que cela pourrait être le nom d’une association à créer.

Un autre renversement a eu lieu, un renversement magnifique et très émouvant. Au début du stage, l’adulte ressentait le besoin de prendre l’enfant intérieur par la main pour le guider. A la fin du stage, c’était l’adulte qui avait besoin, un si fort que les larmes me viennent en l’écrivant, c’est un trésor que je partage avec vous, j’espère que vous le respecterez… à la fin du stage, c’était donc l’adulte qui avait besoin que l’enfant intérieur lui prenne la main et le guide. Cela aussi représente un merveilleux cadeau de ce stage.   

Comme d’habitude dans ce genre de stage, une immense majorité de femmes, un seul homme avec moi, Anthony. Nous nous sommes très peu parlés, c’était inutile, car ce que nous vivions dans le non-verbal était suffisamment fort pour nous contenter. A tous les deux, cela nous a fait un bien fou de sentir nos présences masculines. Cette énergie masculine, cette énergie YANG que j’aime tant, dont j’ai tant besoin. Absence du père. A la fin du stage, Anthony a reconnu quelque chose en moi, qu’il m’a partagé et ce fut si fort que nous avons failli en pleurer d’émotions et que nous nous sommes pris dans les bras.

Je terminerai l’évocation de ce stage par une belle citation donnée par Marie-Odile :

« Le hasard, c’est le chemin que prend la Lumière quand elle veut passer inaperçue. »

Le stage est terminé mais il a déjà eu des répercussions.

J’ai déjà parlé de l’absence de démangeaisons après avoir passé deux après midi tout nu à la plage.

Ce n’est pas tout.

Quelques jours après le stage, un homme me contacte pour me proposer entre une semaine et dix jours de travail. Il s’agit de lui donner un sérieux coup de main pour un grand nettoyage de printemps de la maison qu’il vient d’acheter. Comme par hasard, son ami est danseur classique professionnel à Genève.

Quelques jours plus tard, je descends à Nîmes. Vers Valence, je vois un couple auto-stoppeurs. Trop tard, je suis engagé sur un 4 voie. Presque aussitôt je me dit : « les laisser en plein soleil par cette chaleur, c’est juste impossible ». Je vais jusqu’au bout du 4 voie et je fais demi tour pour les prendre. Figurez-vous que le monsieur est psychologue corporel et qu’il utilise les arts martiaux et la danse. En plus, ils sont du 57 où Marie-Odile est installée et ils se sont montrés intéressés par le prochain stage sur le père de Marie-Odile. Je les reverrai certainement quand je monterai faire ce stage.

Ah ! j’oublie un dernier fait très significatif. Le moment de la séparation est pour moi si difficile que d’habitude, je me sauve comme un voleur, parfois sans même dire au revoir : un vrai goujat ! Cette fois-ci, j’ai laissé les choses se faire et je suis parti le dernier.

Oh !  le stage a eu encore une autre conséquence assez inattendue. Pendant presque deux semaines, boire de l’alcool me fut impossible. Rien que l’idée me dégoûtait. Pour un amateur de bière tel que moi, ce dégoût était assez incompréhensible. Il est vrai qu’un enfant, ça ne boit pas d’alcool ! De même, pour l’alimentation, j’ai fait une belle cure de fruits.

FRUITS

Hélas, la vie sociale a fait que je suis allé plusieurs fois au restaurant, et partageant ce point avec mes amis, je leur ai dit qu’au lieu de prendre des spaetzle avec une sauce au munster, j’aurais du prendre un jambon purée. Cela les a fait sourire. Sur ce point, je sais que mon alimentation va continuer de changer, je le sais c’est tout. Je dois juste laisser les choses se faire. Quand cela sera le moment juste, cela se fera. 

Voilà, cette fois-ci j’arrive à la fin du bilan de ce stage. Il ne me reste que deux sujets à aborder. Je n’ai pas spécialement réfléchi à ce qui m’a manqué pendant ce stage. Malgré moi, deux choses sont venues. D’une part, à propos de la notion de bercement. Je suis certain qu’il y a là une possibilité thérapeutique car nous sommes nombreux à avoir manqué de ce geste si simple et si puissant. Il y a même des techniques de soin basées uniquement là-dessus. C’est le watsu je crois, une technique de bercement en piscine. D’autre part, j’ai ressenti plusieurs fois l’envie de danser nu. Evidemment, je ne l’ai pas fait. Danser nu et danser habillé, quelle est la différence ? Qu’est-ce que cela peut changer ou apporter de danser nu ? Est-il possible de danser nu sans que cela soit mélangé avec quelque chose de sexuel ? A plusieurs reprises dans ma vie, j’ai assisté avec une certaine surprise à des enfants qui se mettent tout nu et commencent à faire les fous en se marrant comme des bossus. Une certaine surprise et une certaine envie de faire pareil, de me laisser aller. De temps en temps, en forêt, quand cela me prend, j’aime me mettre nu et jouer comme un enfant à grimper aux arbres, à me cacher dans la forêt, à prendre les arbres dans mes bras… J’attends le jour où cela sera possible de vivre ce genre d’expérience en groupe. Besoin d’être accepté complètement comme je suis, tel que je suis. Besoin très fort de ne plus rien cacher, de me monter tel que je suis. La vérité toute nue ?     

A suivre 

 

Votre nom : (oblig.)
Votre email : (oblig.)
Site Web :
Sujet :
Message :
Vous mettre en copie (CC)
 

Pas encore de commentaire.

Ajouter votre réponse

Etablissementlarochefoucauld |
Le defi de lili |
Agoodsweep |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | De la Grande Remise au VTC
| Ligikoegonaldia2015
| Davidracimora